En juillet, j’ai eu la chance de faire partie d’une joyeuse équipée se rendant en Loire-Atlantique et Vendée.

La destination de notre voyage est le domaine Landron à Muscadet d’abord et le domaine Saint-Nicolas en Fiefs Vendéens ensuite. De quoi réveiller ma curiosité et stimuler mes papilles, ou l’inverse.

Tout a débuté comme un départ en vacances pour les parisiens que nous sommes. Le rendez-vous matinal en gare Montparnasse en plein cœur de l’été faisant planer une ambiance de congés et de détente.

Nous arrivons à la Haye-Fouassiere, commune  abritant en son sein l’une des exploitations les plus emblématiques de l’AOP Muscadet, le domaine Landron.

Nous sommes accueillis par la moustache la plus célèbre du vignoble français. L’œil vif, le geste sûr et l’aspect authentique du vigneron qui reçoit sans chichis : Jo Landron nous souhaite la bienvenue. D’ailleurs, les présentations et salutations d’usages sont à peine entamées que notre hôte nous quitte pour enfourcher son chariot élévateur et faire valser deux palettes depuis son chai vers un semi-remorque. Le tout en toute décontraction et en nous relatant la soirée passée qui l’a vu se coucher aux aurores sans son téléphone portable.

Si la polyvalence est une qualité essentielle chez le vigneron, l’observation attentive est une vertu chez le caviste.

La marchandise chargée, nous nous retrouvons autour de la grande table de la salle de dégustation et la discussion s’engage. Entre alors dans la pièce Pierre-Marie Luneau-Papin du domaine du même nom, rendant à son propriétaire le téléphone perdu la veille, solidarité vigneronne oblige.

C’est dans les vignes que la visite commence vraiment. D’une parcelle à l’autre Jo nous explique la richesse de son terroir et sa diversité. Il se fait le porte-parole et le défenseur de son appellation, Muscadet, et vante sa typicité. Sous un soleil brûlant, nous parvenons à mieux comprendre ses cuvées. Elles sont réellement le reflet de leurs terres.

Elles sont toutes produites à partir de l’unique cépage autorisé sur l’appellation Muscadet : le Melon de Bourgogne, rebaptisé Melon B tout récemment pour éviter toute confusion géographique. C’est donc le terrain, l’âge des vignes ou le travail du vigneron qui va donner sa typicité à chacune des cuvées de Jo :

Cuvée Amphibolite : issue de roches métamorphique du même nom.

Cuvée La Louvetrie : vignes de moins de 10 ans ou de 30-40 ans, terrain argilo sablonneux.

Cuvée Haute Tradition : vignes de 40 ans, terrain d’orthogneiss et de quartz.

Le terroir de Muscadet et les pieds d’un vigneron.

La visite se poursuit comme de coutume au chai où nous dégustons les millésimes en cours et quelques prélèvements sur cuves. Le tout est d’une grande homogénéité de style et de qualité. L’équilibre et la tension se retrouvent dans tous les verres. Nous découvrons ou redécouvrons des cuvées rafraîchissantes et qui donnent tout simplement envie d’être bues.

  

Après cette matinée studieuse et attentive, nous prenons place sur de grands bancs à l’ombre de beaux cyprès pour une pause déjeuner bienvenue. Les sujets de conversation fusent, tournant évidemment autour du vin et des bouteilles. Nous dégustons quelques vieux millésimes, mon palais garde le souvenir d’un Fief du Breil 2006 encore fringant et long.

C’est dans ces moments de grande convivialité que se construisent les relations durables avec les vignerons et leurs cuvées.

 

Nous souhaitons prolonger ce moment hors du temps mais un autre vigneron nous attend aux Sables d’Olonnes. Il a même certainement déjà ouvert des bouteilles…

Suite au prochain épisode….

Article de Julien, caviste chez Gegeor.

Il convient de remercier l’équipe de “Papilles et Pupilles” pour l’organistation de cette virée, Jo et l’équipe du domaine Landron pour leur accueil et Maya pour les photos particulièrement réussies.